Copenhague, pourquoi ?
Quel était le but du sommet de Copenhague ?

Il fallait parvenir à la signature d’un traité international complet, instaurant un nouveau régime post-2012 de lutte contre le changement climatique.
-         Ce traité devait engagé chaque pays de la communauté internationale. Ces engagements devaient être mesurables et vérifiables.
Résultat : Les États réunis ont pris bonne note : tout ne sera que volontaire, rien ne contraindra les États à quoi que ce soit
-         la mise en place d’une nouvelle architecture financière sur le changement climatique devait être décidée : elle devait s’articuler correctement avec l’aide publique au développement, notamment pour les pays les plus vulnérables au changement climatique.
Résultat : L’argent qu’ils devront verser pour l’adaptation aux changements climatiques est un objectif et non pas un engagement. Aucune sanction si l’objectif n’est pas atteint.
-         des processus de coopération technologique qui permettent la diffusion accélérée des technologies à faible émission de carbone devaient être lancés.
Résultat : Plusieurs sujets sont ouverts aux négociations, sans plus :
- Aider financièrement les pays en développement pour l’adaptation aux changements climatiques et leur apporter un transfert de technologies vertes
Copenhague aurait été un succès si tous les pays du monde y avaient réitéré leur engagement de mettre tout en Å“uvre pour ne pas dépasser le seuil des 2°C et avaient organisé de façon collective les moyens pour atteindre cet objectif, ainsi que les dispositifs à mettre en place pour aider à l’adaptation aux effets du changement climatique.
Les grands pays émergents (Brésil, Inde, Chine, Mexique, Afrique du Sud), dont les émissions en chiffres bruts sont aujourd’hui presque comparables à celles des pays industrialisés, devaient jouer un rôle clé dans la négociation.
Ces pays devaient mettre en place des plans nationaux de croissance à faible intensité en carbone permettant une inflexion substantielle de leurs émissions d’ici 2050.
La multiplication des projets, l’identification des besoins, le développement des capacités des pays africains devaient trouver à Copenhague l’occasion de prendre une ampleur nouvelle notamment en créant un cadre international pour l’adaptation.
Où en est-on aujourd’hui ?
Un accord qui n’est qu’un simulacre, où rien n’oblige personne.
Plusieurs sujets sont ouverts aux négociations, sans plus:
- Fixer, pour les pays développés, des objectifs de réduction à court et moyen termes
- Aider financièrement les pays en développement pour l’adaptation aux changements climatiques et leur apporter un transfert de technologies vertes
- Lutter contre la déforestation et créer un mécanisme de compensation des émissions de CO2 évitées grâce aux politiques de lutte contre la déforestation.
Les pays émergents
La Chine. Le 1er émetteur mondial des émissions de gaz à effet de serre, appelle les pays occidentaux, particulièrement les États-Unis, à s’engager davantage et demande au président Obama des objectifs de réduction chiffrés. Or, celui-ci ne veut pas s’engager dès lors que sa loi sur le climat n’a pas été adoptée. Le président chinois Hu Jintao s’est engagé mardi 22 septembre 2009 à l’ONU à réduire « notablement » les émissions de gaz à effet de serre rapportées à la croissance économique d’ici 2020 . Mais il a également affirmé que pour « les pays en développement la première priorité est maintenant la croissance économique, l’éradication de la pauvreté et l’amélioration du niveau de vie », et non le réchauffement climatique.
Le Brésil estime que les objectifs de réduction des États-Unis restent inacceptables et devraient être de -20% en 2020 par rapport à 1990 ; au lieu des -4% envisagés. Le pays ne s’engage pas sur des objectifs chiffrés de réduction mais il a annoncé des engagements pour lutter contre la déforestation.
L’Inde considère que la responsabilité historique du changement climatique incombe aux pays industrialisés. L’Inde a ainsi annoncé le 17 septembre 2009 qu’elle appliquerait ses propres objectifs de réduction des émissions de CO2 mais qu’elle refuserait toute demande contraignante imposée par la communauté internationale.
L’Afrique demande que les pays riches remplissent leur « devoir de solidarité ». « Nous pensons qu’il faut 65 milliards de dollars pour pouvoir faire face à ces phénomènes de changement climatique », a indiqué le ministre de l’environnement du Burkina Faso.
Alors à quoi a servi ce sommet ? Où sont tous les accords ? Quelles sont les avancées ?
Tous les chefs d’État sont arrivés à Copenhague « la fleur au fusil », certains de clôturer le sommet par un accord. Que s’est-il passé ? Rien. Le sommet se termine sans que rien n’en soit ressorti, même pas une photo de famille. Ils sont tous partis beaucoup plus discrets qu’à leur arrivée. 
Sarkozy s’est évertué à essayer de faire comprendre aux Chinois l’importance d’un accord, mais ses talents de narrateur n’auront servi à rien.
On ne peut que déplorer le triste résultat de ce sommet de Copenhague et le manque d’efficacité de tous ces dirigeants…
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